Ministère de la Communication, de l’Economie Numérique, de la Culture, des Arts et Traditions, Chargé de l'Education Populaire et de l'Instruction Civique, Porte-parole du Gouvernement

Sceau de Republique Gabonaise

Compte-rendu de la conférence de presse du 13 décembre 2016

  1. (Chine)

Le Président de la République, S.E Ali BONGO ONDIMBA, vient d’effectuer une visite d’Etat en République populaire de Chine du 6 au 9 décembre 2016 à l’invitation de S.E Xi JINPING.

POLITIQUE

Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA a été reçu par son homologue, Son Excellence Xi JINPING, lors d’une cérémonie formelle au Grand Palais du peuple de Pékin. A l’occasion de ce déplacement, les deux chefs d’Etat ont décidé d’élever au rang de « Partenariat de coopération global » les relations sino-gabonaises.

Une ambition confirmée lors des entretiens avec le Premier Ministre, M. Li KEQIANG, et le président du Comité permanent de l’Assemblée Populaire Nationale, M. Zhang DEJIANG.

ACCORDS

Des accords signés par les gouvernements gabonais et chinois, ainsi que par les organismes respectifs de promotion des investissements ANPI et CCPIT, témoignent de la réalité du «coup d’accélérateur» souhaité par le Chef de l’Etat. Le temps est venu, pour l’Afrique et pour l’Asie, de voir les flux d’investissements privés accompagner les initiatives publiques.

Les accords signés au niveau gouvernemental témoignent de la densité de la relation désormais renforcée. Il s’agit en l’occurrence :

- d’un accord de coopération économique et technique en vue de la réalisation du projet de réfection de l’Assemblée nationale ;

- d’un accord relatif au projet de conception et de construction d’une voie de contournement de l’aéroport international de Libreville ;

- d’un protocole d’exécution triennal et multisectoriel destiné à porter plus avant l’accord de coopération culturelle signé en 1984.

Deuxième puissance économique du monde, la Chine, présente au Gabon à travers une trentaine de sociétés, a vu le volume de ses échanges commerciaux multipliés par cinq ces huit dernières années. Ceci pour atteindre 1,77 milliards de dollars.

La Chine est le troisième fournisseur du Gabon avec un volume d’importation de 8,6% et son premier client avec un volume d’exportation égal à 14,2%.

Lors de cette visite, Ali BONGO ONDIMBA a également reçu les hauts représentants de cinq des plus grands groupes industriels du pays, dont quatre figurent dans le Top500 mondial. Avec China Road & Bridge Corporation, il a été question de leur « chantier du siècle », cette route côtière longtemps jugée impossible à tracer dans le bassin de l’Ogooué, qui s’élance actuellement vers le sud du Gabon sur 93 km jusqu’à Omboué. La question du stade en cours de finition à Port-Gentil a été évoquée avec le patron de China State Construction Engineering Corporation, celle de la Baie des Rois avec la compagnie China Harbour Engineering Corporation, deux projets hydroélectriques avec Energy China et enfin des développements pour l’utilisation du bois dans l’ameublement avec Yihua Group. A propos de cette dernière société, le Président a visité leurs ateliers en se rendant, après Pékin, dans la province du Guangdong, proche de Hong-Kong. (Il y a eu en sus, quelques audiences accordées aux dirigeants de Huawei, Startimes, télécom et TNT).

Devant plus de 300 femmes et hommes d’affaires venus célébrer la coopération sino-africaine sous le patronage du Conseil chinois pour la promotion du commerce international (CCPIT) et de l’Ambassade de la République gabonaise en Chine, le Président de la République a confirmé :

« L’entière disponibilité du Gabon pour accueillir davantage d’investissements directs chinois dans les domaines agricole, touristique, industriel et bancaire, entre autres. S’agissant du secteur minier, le Gabon dispose de deux grands projets, Belinga et Maboumine. Concernant Belinga dont les réserves en fer sont estimées à plus d’un milliard de tonnes, le Gabon recherche de bons partenaires financiers et techniques chinois pour ce projet d’envergure. Il en est de même pour le gisement polymétallique de Maboumine où le consortium constitué par l’Etat gabonais et le groupe Eramet recherche des partenaires chinois en vue d’accélérer sa mise en exploitation. S’agissant du secteur touristique, je souhaite une accélération des échanges entre nos deux pays et réaffirme mon ardent souhait de voir les gouvernements de nos deux pays procéder à la signature d’un accord aérien. Quant aux banques chinoises, je les invite à s’implanter au Gabon ou à acquérir des participations dans des banques existantes ».

Le Président de la République a achevé cette visite d’Etat par la province du Guangdong qui, grâce à ses zones économiques spéciales, hisse son PIB au quinzième rang mondial. Lors d’un échange direct avec le Gouverneur, M. Zhu XIAODAN, il a invité les entreprises chinoises à venir travailler au Gabon notamment dans la transformation locale des matières premières et redit la disponibilité de notre pays à accueillir une zone économique spéciale dédiée aux entreprises chinoises.

En ce qui concerne la mission d’observation de l’Union Européenne venue superviser l’élection présidentielle, cette mission ne s’est pas imposée au Gouvernement, elle a été initiée par le Gouvernement gabonais.

Ce sont 1200 observateurs nationaux et internationaux qui ont pris part à cette mission d’observation.

Le rapport rendu hier est celui de l’observation d’une soixantaine d’entre eux et qui, de leur propre aveu, n’ont observé que 10% des bureaux de vote. Ce rapport ne dit rien de nouveau par rapport à celui présenté au mois de septembre dernier même s’il fait quelques recommandations sur lesquelles nous reviendrons rapidement.

La Mission d’observateurs affirme : je cite « ce rapport est produit par la mission d’observation électorale de l’Union Européenne et présente les conclusions de la mission sur son observation des élections présidentielles au Gabon. Ce rapport ne doit pas être invoqué en tant qu’expression de l’opinion de l’Union Européenne. L’U.E ne garantit pas l’exactitude des données figurant dans ce rapport et décline toute responsabilité quant à l’usage qui peut en être fait » fin de citation.

A partir de cet instant, nous nous étonnons de l’usage que certains veulent en faire.

Cette mission n’avait pas pour vocation, ni à administrer le scrutin ni à remplacer les organismes et Institutions chargés de l’organisation de l’élection dans notre pays.

Par conséquent, et comme Mme Mariya GABRIEL l’a elle-même souligné : « la mission d’observation n’avait pas pour mission de dire qui a gagné cette élection ».

S’agissant de l’insistance que semble faire la mission d’observation électorale sur les résultats de la Province du Haut Ogooué, le Gouvernement s’étonne de cet acharnement à relever les prétendues anomalies dans cette partie du pays qui a toujours voté pour le candidat du Parti Démocratique Gabonais à l’élection présidentielle avec des suffrages se situant toujours au-dessus de 90%.

Le Gouvernement s’étonne en outre du silence observé par cette même mission quant aux anomalies évidentes à LIBREVILLE, BITAM, PORT GENTIL, OMBOUE où des Procès-verbaux présentés par l’opposition elle-même étaient étrangement surchargés avec des retraits des suffrages de tel ou tel candidat au profit de certains autres sans raison.

Vous remarquerez que dans le même rapport, il n’est fait mention à aucun moment de l’ingérence de personnalités étrangères reconnue par leurs Etats, de la violence verbale tout au long du processus électoral, voire de l’appel au génocide proféré par certains candidats.

Il y a là des faiblesses évidentes sur lesquelles nous aurons l’occasion de revenir en cas de besoin.

S’agissant des recommandations que formule la mission d’observation, le Gouvernement tient à faire observer que si certaines d’entre elles restent bien dans le champs de ce que cette mission pouvait suggérer, par exemple le rôle de la CENAP dans le cadre électoral, y compris la proposition d’adoption d’un règlement intérieur ou le renforcement des pouvoirs de la CENAP, la configuration actuelle est la résultante d’un consensus politique et non la volonté du Président Ali BONGO ONDIMBA.

Le Gouvernement note en revanche que les questions relatives à l’indépendance de la Justice, à la loi sur les réunions publiques tout comme le règlement de procédure devant la Cour Constitutionnelle ne relèvent pas du tout des prérogatives, même exorbitantes que l’on pourrait reconnaitre à cette mission d’observation.

A propos de la déclaration du Vice-premier Ministre sur des éventuels détournements au sein du département dont il a la charge, il convient de signaler que l’une des missions prioritaires assignées à Monsieur le Premier Ministre Emanuel ISSOZET NGONDET et à son Gouvernement est de mener une lutte acharnée contre la corruption et toute forme de malversations. Dans ce contexte, Monsieur le Premier Ministre a donc instruit le Vice-Premier Ministre en Charge de l’habitat de suivre avec beaucoup de minutie le dossier des occupations illégales de terrains. Ceci, pour que la situation du logement soit réglée une fois pour toute et que les ayants droit soient rétablis dans leurs droits.

En outre, toute la lumière devrait être faite sur les situations incompréhensibles observées depuis quelques années dans ce secteur.

Les personnels des medias publics Gabon Télévisions et Radio Gabon observent depuis vendredi dernier une grève fondée sur certaines revendications dont les arriérés de salaire pour certains et arriérés d’indemnités pour d’autres et d’autre part sur le statut des agents des medias publics.

Les négociations ouvertes jeudi dernier ont envisagé la mise en place de commissions de travail pour aborder les questions de fond, ainsi que les paiements des salaires.

Sur le point se rapportant aux salaires, une dotation suffisante a été sécurisée pour le paiement de trois mois de salaire des collaborateurs extérieurs.

En revanche, pour les indemnités de fonction, Je m’adresse aux différents responsables, un effort de recouvrement doit être fait auprès des différents annonceurs dont le montant dû à Gabon Télévisions se situe autour de Cent vingt-cinq millions de Francs, montant qui suffirait largement à payer lesdites indemnités et primes.

ALAIN-CLAUDE BILIE BY NZE

Ministre d'Etat, Ministre de l'Economie Numérique, de la Communication, de la Culture et des Arts, Porte Parole du Gouvernement

 

Publié le : 05 / 01 / 2017


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