Ministère de la Communication, de l’Economie Numérique, de la Culture, des Arts et Traditions, Chargé de l'Education Populaire et de l'Instruction Civique, Porte-parole du Gouvernement

Sceau de Republique Gabonaise

Discours de Son Excellence Monsieur le Ministre d’Etat, Ministre de l’Economie numérique, de la Communication, de la Culture et des Arts, Président du Conseil d’Administration du CICIBA à l’occasion de l’inauguration officielle du nouveau siège du CICIBA

Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,

Excellences Messieurs les Ambassadeurs et Chefs des Missions représentants les Organisations Internationales,

Monsieur le Directeur Général du CICIBA,

Messieurs les secrétaires et Directeurs Exécutifs du CERDOTOLA

et de l’OCPA,

Cher Professeur Théophile OBENGA,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs

Monsieur le Premier Ministre, votre présence, ainsi que celle d’éminentes personnalités ici en ces lieux, traduit assez nettement le renouvellement du bail d’estime et de confiance à l’égard de l’illustre Institution qu’est le CICIBA.

Aujourd’hui, deux événements majeurs sont mis en relief : l’attribution par l’Etat gabonais d’un nouveau siège au CICIBA et la relance de ses activités après plusieurs années d’interruption.

C’est donc un inestimable privilège pour le Ministre de la Culture et des Arts du Gabon que je suis, doublé de ma charge statutaire de Président du Conseil d’Administration du CICIBA, de procéder à un tel rite.

Monsieur le Premier Ministre, nous savons le Président de la République attaché à la vitalité et à la renaissance du CICIBA, lieu par excellence du dialogue interculturel au sein de notre communauté de destin, tout comme l’était son illustre prédécesseur, feu le Président Omar Bongo Ondimbaet ses pairs qui ont eu l’heureuse initiative de créer le Centre International des Civilisations Bantu.

« Rechercher les racines bantu, c’est construire notre avenir ; c’est notre capacité à nous approprier notre identité ». Cette parole de feu le Président OMAR BONGO ONDIMBA présida à la fondation du CICIBA, face au besoin de l’univers bantu de se sentir essentiel dans son rapport au monde.

Les civilisations bantu participent aujourd’hui encore d’une recherche des plus exaltées au sein du CICIBA, autant que d’une quotidienneté lancinante.

 

Monsieur le Premier Ministre,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs

Lors du Colloque international du CICIBA organisé à Libreville en 1985 et portant sur Les Peuples Bantu, Migrations, Expansion et Identité culturelle, le professeur Théophile Obenga précisait à cette occasion, je cite : « Les civilisations bantu ne sont pas mortes. Elles s’affirment toujours jusque dans les gestes les plus humbles de la vie quotidienne, dans nos brousses et dans nos bourgades et villes… Chaque fois, sans rompre le fil conducteur de leur généalogie, et parfois malgré de longs moments de recul ou de faiblesse, les civilisations qui vivent activement connaissent ainsi des «bonds», des «tournants» historiques, dans leur marche en la coulée des siècles.

Aujourd’hui comme hier, poursuit-il, « la science doit aider les Bantu vivants à retrouver leurs racines communes, leur identité culturelle, leurs valeurs de civilisation. C’est vrai et même convenu : l’identité culturelle est une donnée à partir d’un constat. Cette même identité, c’est aussi la manifestation d’une culture en mouvement, le mouvement même de la vie du peuple concerné. Le patrimoine culturel d’un peuple est dialectiquement héritage et créativité. La confiance en eux-mêmes que les peuples pourront avoir ne les rendra que plus aptes à la coopération entre les peuples et les nations, au renforcement de la solidarité internationale » fin de citation.

Pour mener à bien une telle entreprise, il est nécessaire de disposer de ressources humaines compétentes, de qualité et plus important encore, d’un siège adapté à ses ambitions. C’est pour répondre à une telle exigence que le Gouvernement de la République par ma voix, a le plaisir d’offrir ce jour au CICIBA un siège confortable, pratique et commode, une adresse physique clairement visible sur la carte des Institutions de recherche scientifique qui comptent dans le monde.

Aussi, le nouveau « visage » du CICIBA est à cette aune-là, un vrai bijou que le Gabon est fier d’offrir au monde bantu.

Voici arrivé le temps de fixer de nouveaux caps, solidaires, audacieux et innovants. C’est un nouveau CICIBA qui prend langue avec l’avenir. Un CICIBA qui a mis à profit sa longue période d’hibernation pour penser un nouveau modèle de sa gouvernance, en se donnant de nouvelles balises, au plan des orientations épistémologiques de ses programmes scientifiques et culturels, ainsi que dans ses rapports avec ses partenaires.

C’est d’ailleurs dans ce sens qu’un Protocole d’Accord de coopération scientifique sera signé au cours de cette cérémonie entre le CICIBA et l’Université Omar Bongo Ondimba d’une part, puis, assez rapidement d’autre part, avec le Musée National des Arts et Traditions du Gabon.

C’est donc le point de départ d’une série d’autres accords du même genre à signer dans les tout prochains jours à l’échelle de tout l’espace culturel bantu avec les autres musées, les universités et centres de recherche d’Afrique, d’Europe, d’Amérique et d’Asie, les opérateurs des divers domaines de la création artistique…

Dorénavant, le CICIBA accordera une place de choix à la diaspora bantu de part le monde. A cet égard, le Programme « Nuits bantus », qu’il lance ce jour en donne déjà les prémices.Le CICIBA recevra bientôt, en conférence à Libreville, des chercheurs de haut niveau du milieu afro-descendant. De même qu’il sillonnera le monde afro-descendant des Amériques pour lui parler de vive voix. Lui parler de ses terres d’origine, l’Afrique matricielle, ainsi que des exploits héroïques de ses ancêtres bantu. Des exploits qu’il conviendra de narrer à la jeunesse de notre espace, si impétueuse et si ouverte aux flux du 3ème millénaire, qu’elle en oublie parfois ses racines profondément bantu.

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

Distingués invités

 

Nous devons rêver d’une Afrique bantu qui crée et stimule le génie de ses peuples divers.

Nous devons rêver d’une communauté de destin qui n’a aucun complexe pour affirmer sa noble altérité face aux autres.

Nous devons légitimement rêver d’une Afrique bantu qui protège sa diversité culturelle autant que sa biodiversité, elle qui est si riche de ses biotopes si verdoyants.

Il est de bon ton de rêver enfin, d’une Afrique bantu capable de célébrer ses cultures, ses arts et ses traditions, avec la passion de l’âme. Tant il est évident que la culture et l’art en tant qu’attributs identitaires d’une civilisation, sont le lieu tenant de partage d’affinités ontologiques. Et comme le Président de la République, Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA, que vous représentez ce matin, aime si souvent à le rappeler, « nous sommes les bantu du 3ème millénaire ».

C’est le lieu pour nous de redire toute la reconnaissance du CICIBA à l’endroit de tous les pays membres, lesquels, à l’appel de Son Excellence Ali Bongo Ondimba, Président de la République Gabonaise, pays du siège du CICIBA, en concertation avec ses homologues Paul Biya du Cameroun, Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo de la Guinée Equatoriale et Joseph Kabila KabangUe de la RDC, n’ont pas hésité à renouveler leur foi au magnifique projet CICIBA, en transcendant les dysfonctionnements du passé, le regard tourné vers le futur, vers un renouveau que nous espérons plus glorieux.

Nous saluons tout particulièrement l’Union des Comores qui, pour la première fois, vient de rejoindre le CICIBA en y affectant, depuis bientôt une année, un expert en Anthropologie et archivistique.

 

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

Distingués invités

 

Nous souhaitons que demain, ce rêve de refondation se concrétise aussi par l’assainissement des textes organiques de l’Institution et, mutatis mutandis, par la consolidation d’une gestion managériale adaptée aux défis d’aujourd’hui. C’est en cela que nous invitons la Direction du CICIBA à y consacrer sa plus grande énergie, tout en développant des activités de visibilité capables de lui redonner sa meilleure image d’antan. L’usage adapté des TIC devrait nous y aider

Nous restons convaincus que si ce programme est accompli, il donnera l’occasion au CICIBA de réaliser mieux qu’hier les missions qui lui ont été assignées par ses pères fondateurs, notamment :

-         doter le monde bantu d’une Banque de données inédite sur les cultures et civilisations bantu ;

-         mener la recherche scientifique la plus exigeante possible et pointue sur tous les peuples de culture bantu, d’Afrique et de la diaspora, de manière à les intégrer dans la dynamique de l’histoire générale de l’Afrique et du monde ;

-         mettre en valeur, tout en les promouvant avec une réelle conviction, la production culturelle et artistique la plus représentative de notre communauté de destin.

 Avec les mânes de nos ancêtres, avec le soutien affirmé des Chefs d’Etat et de Gouvernements de notre espace de civilisation, le plus vaste du continent africain, je n’éprouve aucun doute à affirmer que ce mardi 10 janvier 2017, ici à Libreville, le CICIBA renait et se relance. Nous ne pouvons que lui souhaiter un bel et heureux avenir.

Je vous remercie.


Libreville, le 10 janvier 2017

Alain-Claude BILIE-BY-NZE

Président du Conseil D’administration

Publié le : 11 / 01 / 2017


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